Chroniques

Carte d'identité du citadin filiforme

  • : Le citadin filiforme
  • Le citadin filiforme
  • : C'est l'histoire d'un citadin filiforme, l'histoire d'un long gamin à l'humeur contemplative qui vendait à ses contemporains des brassées de blousons, des moissons de chaussures.. Entre deux clients, quand il trouvait le temps, il gribouillait -grâce à ses grands bras maigres- son humeur, ses visions, il étalait son monde sur des tartines à spirales...
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Tempus fugit...

Mai 2012
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La boutique d'Albert

114 Pages - Edition Phakinete - ISBN N°978-2-9531393-2-7
Lundi 30 avril 2012 1 30 /04 /Avr /2012 20:55

Bonsoir les gens,

Aujourd'hui le ciel était morose sur la capitale des Gaules. Contrairement à beaucoup de Lyonnais je n'ai pas eu la chance de faire le pont et mon aquarium aux mille chaussures m'attendait, dès 14h. Pour égayer ce jour grisé d'humidité j'ai décidé d'user d'un grand classique de la poésie, pour rendre mon lundi ludique je me suis lancé dans le jeu du "cadavre exquis".

 


 

Première étape: J'ai tiré au sort -dans un gros roman historique- 8 noms, 8 verbes, 8 adjectifs et 8 compléments. Puis j'ai tiré au sort 8 lignes comprenant chacune 1 nom, 1 adjectif, 1 verbe et 1 complément.


Voici les lignes qui ont fleuri:



Noms  Adjectifs Verbes Compléments
Réponses Pistache Bercer Les murs de givre
Planète Musqué Sortir Le marchand ambulant
Jours Granuleux débarasser Un tuyau coudé
Fièvre Strident Entretenir Un grand clin d'oeil
Jouet Aiguisé Plisser La dernière marionnette
Heures Souple Ligoter L'éventail du temps
Coursier Sirupeux  illuminer Sa nouvelle perruque
Mains Matinale Tambouriner L'ardoise des toits

 


 

Seconde étape: J'ai rédigé un texte composé de ces 8 cadavres en intercalant 8 vers improvisés entre chaque macchabée. Le résultat n'est pas très gai mais l'exercice est interressant. Je l'ai nommé "Epilogue".


 

Ma fièvre, stridente,

Entretenait ses grands clins d’œil.

Une idée, une onde pédante

Et le dos vouté d’un écueil.

Je me souvins de ces heures souples

Qui ligotaient l’éventail du temps,

Qui éventaient ce petit couple,

La rotation de deux enfants.

 

Le marchand ambulant avait sorti de sa besace

Une petite planète musquée, une ultime audace.

Son coursier sirupeux illuminait sa nouvelle perruque

Avec je ne sais quel strass. Pas de magie, il y avait un truc !

 

Je revoyais mes mains matinales

Tambourinant l’ardoise des toits.

Ce plafond d’été, ce blanc pétale

Fanait, aux abois.

Ces jours granuleux

Me débarrassaient des tuyaux coudés

Des caillots trop nombreux

Qui limaient mes pensées.

 

Elles avaient fondues ces réponses pistache

Celles qui berçaient nos murs de givre.

Plus aucun lien, aucune attache.

Ne plus lutter, fermer le livre !

Tout à l’heure, au fond des draps

D’une rayure nette

Un jouet aiguisé plissera

Sa dernière marionnette.    


Par Ghregg - Publié dans : Cadavres exquis
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Lundi 26 mars 2012 1 26 /03 /Mars /2012 15:51

Salut les gens,

 

Malgré l'explosion de la nature et le redoux printanier je vous propose de faire un crochet par le musée poétique. En vedette cette semaine la toile Léda Atomica peinte par "el señor" Dali en 1949.

 

Bonne lecture.


Episode9:                                                     Léda Atomica - Salvador Dali (1904-1989)


Leda-atomica.jpg


 

Léda vit à l’abri sous les ailes d’un cygne
Insignifiante étoile de l’océan papier ;
Pas pied sur ce décor, sur ces étranges lignes,
Dans le monde étonnant de son blanc cavalier.

L’oiseau avait osé, avait séduit sa muse
Usant de son panache, du génie de ses mains ;
Maintenant sa Léda lentement se diffuse
Fusant comme une sève aux toiles du lendemain.

Elle s’était immiscée dans l’étrange univers :
Vertige imaginaire du señor Salvador ;
Le doré suspendu des socles du désert

Erigeant un autel aux vallons de son corps.
L’oiseau avait séduit cette étoile sans égal
Et Gala s’imposait en élément vital.

Par Ghregg - Publié dans : Poétique Muséum
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Lundi 12 mars 2012 1 12 /03 /Mars /2012 22:23


Bonjour les gens,

 

Aujourd'hui, le service "histoire" du citadin filiforme a le plaisir de vous présenter un projet qui couvait depuis longtemps dans un petit tiroir intérieur. Je vous invite dans l'enfer des tranchées de la première guerre mondiale, au coeur du fortin de Beauséjour.

 

Bonne lecture!


ferme-beausejour



Le soleil approchait sur la pointe des pieds

Lâchant ses ricochets aux rus de la Champagne

Constellations d’odeurs effluves de rosée

Le matin moissonneur inondait la campagne.

 

L’orage avait valsé dans les bras de la nuit,

Fantassins étoilés d’averses écarlates ;

La furie mécanique, la sanglante hystérie,

Quand l’humain pathétique redevient un primate.

 

Les teutons n’avaient pu atteindre Beauséjour

En dépit des obus, de l’effrayant fracas

Et malgré tous ces gars, ce sang dans les labours

Notre front n’avait pas avancé d’un iota.

 

Il avala d’un trait son café du matin

Attrapa son paquet, sa ration de fumée

Aujourd’hui dans la cour, au ventre du fortin

Un gamin sans bravoure sera exécuté.

 

Le gosse avait failli refusant de combattre

Et la règle est ainsi : la trahison n’écope

Que du vent des gâchettes sous une aube verdâtre.

D’un élan d’allumette, il embrasa sa clope.

 

Il se tenait debout contre le mur d’enceinte,

Libéré de son joug, livré à la mitraille.

Il voulait par honneur dissimuler ses craintes,

Ces lassos de terreur qui pressaient ses entrailles.

 

Un officier tendit un paquet de tabac.

Comme une cérémonie, le paraphe étouffé

D’un jour qui ne fera que passer ici-bas,

Le jeune homme enflamma ses ultimes bouffées.

 

Le soleil approchait sur la pointe des pieds

Lâchant ses ricochets aux rus de la Champagne

Constellations d’odeurs effluves de rosée

Le matin moissonneur inondait la campagne.

 

Un mégot écrasé au creux d’un cendrier

Un autre abandonné parmi les gravillons.

Dans l’aube amidonnée aux senteurs de mûriers

Un ordre fut crié pour six coups de canons.

 

Il versait à nouveau du café dans sa tasse

Quand il vit un halo délaver Beauséjour.

Sur sa joue s’enroulait une larme de crasse,

C’était son frère cadet qui gisait dans la cour.

 

 

Par Ghregg - Publié dans : Poésies
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